Récit de l’équateur par le Team Raid 74
Nous vous en parlions récemment, le Team Raid 74 vient de rentrer de l’équateur où ils réalisent une très belle 4e place sur cette manche ARWS.

Ci-dessous, le récit de Patrick livré tel quel. Pour les photos rendez-vous en fin d’article dans le document à télécharger.
Holà chicas ,holà chicos !
Savez-vous situer l’Equateur ? Pour moi aussi cela représentait une ligne imaginaire et un pays situé quelque part entre le Mexique, le Nicaragua et le Costa Rica… et bien non ! L’Equateur est situé entre le Pérou et la Colombie au bord de l’océan pacifique, en Amérique du sud. Là bas, il l’appelle le pays des 4 mondes !!!
Retour sur notre formidable aventure… Nous débarquons à Quito le 7 février 2010 à 2 850m d’altitude. 8h du matin, première grosse impression de chaleur et de moiteur. Premières angoisses aussi : ils nous manque deux vélos sur les trois embarqués à Madrid (ils arriveront 3 jours après.) et personne pour nous attendre. Après quelques heures de doute et l’aide de mon épouse depuis la France, nous trouvons un contact qui semble avoir connaissance de notre présence. C’est avec l’aide de 2 hôtesses du tourisme de Quito que nous arriverons à joindre par téléphone l’hacienda l’Alegria qui deviendra notre premier lieu
d’hébergement. En effet un quiproquo entre l’organisation de l’épreuve (téléphone portable injoignable en montagne) et le ministère du tourisme dont nous serons les hôtes (les bureaux sont fermés le dimanche) fait que l’on nous a un peu oublié… Après une heure de van-taxi et quelques haltes photographiques, nous voici à l’hacienda Alegria tenue par Maria et Gabriel.
Nous faisons nos premiers pas à 2 900m au milieu des prairies encombrées de chevaux, d’alpagas, de lamas, de vaches et de taureaux de combats (l’Espagne à laissé des traces en plus de la langue !). Présentation des lieux, nos chambres ont une vue magnifique sur les sommets verdoyants environnants, tous situés à plus de 4 000m. Nous allons passer deux jours et demi à flâner dans ces lieux magiques où notre hôte nous contera ses randonnées avec les chagras, sa traversée nord-sud de l’Equateur à cheval, démonstration de course de taureaux de combat. Balades bucoliques, repas, où des mets aussi délicieux que curieux et nouveaux, nous seront servis, jus de fruits exotiques insolites (+que excellents) agrémenteront notre petit séjour que nous trouverons trop court.
Nous allons effectuer notre premier trek d’acclimatation durant 3h accompagné de Periquon, jeune berger allemand espiègle mais sympathique de l’hacienda, aux alentours des 3600m d’altitude. Ce trek va nous permettre de nous rendre compte que si nos capacités physiques ont l’air bonnes, l’inexactitude des
cartes locales laisse présager de grosses difficultés pour l’épreuve. Au 50 000ième le relief n’étant pas des plus détaillé et les chemins tracés étant plus qu’approximatifs.
Mardi 9 février. Nous quittons avec regret notre résidence et nos hôtes. Nous sommes pris en charge par une guide Lorena et un chauffeur mandaté par Karina Ruiz du ministère du tourisme. Ainsi nous partons pour la découverte du parc Cotopaxi avec son volcan culminant à 5 897m. Nous allons effectuer là notre
second trek d’acclimatation.
Nous monterons à 5 000m au pied du glacier en un peu moins d’une heure. Visite et présentation de cet énorme écosystème avec un guide spécialement dédié au parc, qui nous fera marcher toute la journée à
plus de 3 600m en nous présentant avec délice la faune et la flore de cet espace magnifique.
Le soir retour sur Quito où nous retrouvons Christophe notre 4ième équipier dans notre hôtel 4* le Sébastien (nuit paisible et fort agréable). Le lendemain, nous allons tous les 4 effectuer une nouvelle visite d’un cratère de volcan : le Puhulahua autour des 4 000m. Puis un passage obligé et fort instructif à « la Mitad Del Mundo » ligne 0’0 ‘’ avec visite de deux musées très riches et intéressants évoquant la diversité
culturelle, ethnique (incas, indiens, métisses, noirs, peuples primitifs…) etc.… Le soir retour à Quito et à la réalité. Nous sommes quand même venus ici pour effectuer une manche de la coupe du monde des raids. Nous déménageons vers l’hôtel réservé pour l’occasion pour les coureurs étrangers. Premiers
contacts, premiers échanges entre « extranjeros ». Nous retrouverons Diego, un de nos 4 assistants prévus par l’organisation. Après quelques renseignements grignotés auprès d’eux, nous commençons à élaborer notre stratégie de course, les assistances et les ravitaillements. Nuit quelque peu agitée : l’hôtel est situé dans le quartier très fréquenté et branché « la mariscal », proche des discothèques et des bars à karaoké. Le lendemain nous allons faire avec Alvaro (un autre des assistants) une sortie VTT au parc Metropolitan. C’est avec joie que nous enfourchons nos montures. Par contre la pollution et la chaleur se font durement ressentir lors de la traversée de la ville. Le parc se situe au sommet d’une grosse butte et l’accès se fait par une pente très raide. Il s’en suit durant 20km une ribambelle de singletracks dans la forêt aux odeurs d’eucalyptus, où nous nous éclatons littéralement. L’après-midi sera consacré avec Diego à la préparation de l’intendance pour la course. Diego est surpris par le colossal chariot que nous remplissons au supermarché, chacun y allant de ses petits plaisirs gastronomiques personnels (*4) et un pot commun de nourriture !! Fin des préparatifs en soirée, le lendemain nous devons nous présenter à 9h à la vérification technique à Ibarra situé à environ 2h30 de route (140km). Tard dans la soirée, nous apprenons qu’Alvaro a cassé la pompe à eau de son Vitara. Après quelques palabres avec l’organisation, nous arriverons quand nous pourrons, plus tard dans la journée. Enfin ! on pourra dormir plus longtemps avant la prochaine nuit au bivouac.
Le lendemain départ donc très tardif pour Ibarra, nous y arrivons à 15h, pour les vérifications, en bon dernier.
Le briefing étant à 17h à la salle des fêtes d’Ibarra, nous n’aurons pas le temps de planter nos tentes avant la nuit, bref tous nos préparatifs et conseils auprès de nos 2 couples d’ assistants (Alvaro/Maria et Veronica/Diego) se feront dans la hâte et la précipitation… Tant pis, la course est longue et on se découvrira au fur et à mesure…
Présentation officielle de l’ensemble des équipes : 50 sur les 3 parcours, et 18 en élite. A l’applaudimètre l’équipe Raid setenta y quatro n’est pas trop mal (los franceses de Francia !) On nous avertit que c’est
carnaval, arrosage, « bombage parfumé », œufs, risquent d’être de la partie dans les villages traversés ! Nous comprenons aussi que les cartes fournies auront une précision plus qu’aléatoire… ! Départ pour
Cotacachi, lieu du bivouac et du départ du lendemain à 6h30.
Préparation des cartes, choix d’itinéraires, ravitaillements, consignes aux assistants pour les différents matériels, tout se bouscule, mais ça a l’air de prendre forme.
L’agitation régnante permet de ne pas trop stresser. Fiesta donnée par la cité hôte au son de la fanfare
locale et les « buena suerte » fusent de toute part. Allez, au dodo ! il faut quand même se lever à 5h…
Samedi 12 février , ok tout va bien on a l’air d’être bien tous les 4.
Nous nous dirigeons tranquillement sur nos VTT flanqués de nos pagaies et gilets pour le départ officiel donné depuis la place centrale. 6h30, nous voilà sur la ligne, prêts à affronter 350 km de VTT/trek/canoë/cordes avec 10 000m de D+ en moins de 72h en ce, sans arrêt de chronomètre !
Pan ! C’est parti ! 1er VTT de 18km, ça se bouscule, ça frotte un peu et c’est un peu difficile avec les pagaies sur le dos. Les routes étant pavées, très irrégulières, chacun cherche le bas côté le plus confortable. Nous partons de 2 360m pour aller au lac de Cuicocha situé à 3 020m d’altitude. Arrivés au
pied du lac, nous sommes bien placés (5/6ième), nous partons tambour battant pour les 12km de kayak… là, première galère : nous ne savons pas à quoi ressemble les balises et nous « jardinons » 30minutes sur la première qui finalement s’avèrera mal placée d’1 km ! La suite s’enchainera bien mieux, mais c’est un peu frigorifiés que nous sortons des bateaux dans les dernières équipes. Nouveau VTT sur des routes bosselées et pavées, encombrés de nos pagaies et gilets qui nous amènent à 3 312m. Là, nous retrouvons pour la première fois nos assistants, euphoriques, ils nous annoncent le choix de départ sur le gros trek qui nous attend en pleine chaleur… 20mn de pause et nous repartons, seuls, à l’opposé de toutes les autres équipes. En effet, il y a 2 choix d’itinéraires et nous sommes les seuls à partir au nord. Le trek est annoncé pour 39 km, notre parcours fera lui environs 45km… la sécurité de l’organisation se montrant même dubitative sur notre choix. Celui-ci s’avèrera payant car plus roulant sur une grande partie du parcours, quelques coupes vertigineuses à travers les vallées, un monotrace fantastique qui nous amène au CP4 à la 4ième position! Un peu grisé par notre belle remontée, nous faisons encore une coupe vertigineuse « dré dans l’pentu », puis courrons rapidement dans la descente qui suit. Notre équipière
Céline aura un peu de mal à se remettre de cet enchainement. Après une courte halte nous finissons
notre trek à la 6ième position, seulement à 15mn de l’équipe qui nous précède et nous nous sentons bien.
Arrivée à 2 200m. 2ième rencontre avec nos assistants sur une place d’un marché (plein de bananes et fruits exotiques) au milieu des enfants et des habitants étonnés par cette caravane colorée! Nous repartons
pour un nouveau VTT, dont la première ascension sera dantesque, sur une piste de sable, à plus de 15/20% de pente. La suite sera plus roulante et nous permettra de récupérer un peu avant la tyrolienne et le gros trek qui nous attend pour la nuit (prévu en 5h pour 35km).
Nouveau point d’assistance où nous choisissons de nous reposer et nous restaurer plus longtemps (45mn). Echange et plaisanterie avec des enfants, nos assistants commencent à prendre leurs marques, tout va bien. Nous partons équipés de nos baudriers, matériel de nuit, sac de couchage (nous devons les conserver pour les deux sections suivantes, soit 38km de trek et 110km de vtt).
Nous attaquons la tyrolienne de nuit, il doit y avoir du vide car les locaux nous regardent prendre notre élan avec de larges sourires. 200m plus loin, fin de tyrolienne dans la brume et sur le mauvais flanc de la montagne pour prendre le chemin que nous avons tracé. Deuxième galère : nous ne trouvons pas le
chemin carté qui permet de longer la rivière de ce côté. Dépités, nous repartons pour le village qui se situe à 2km plus bas pour reprendre la grosse piste. En nous y dirigeant, dans la nuit, sortis de nulle part, 2 équatoriens… ils nous certifient que le chemin existe mais qu’à cause d’un effondrement son départ
se situe plus haut sur la montagne et que cela sera plus rapide pour rejoindre Pinan. Perplexes, nous les suivront dans la nuit en discutant de la condition et la vie des équatoriens, dans ces lieux isolés, aux habitations situées à 3h de marche de tout village… Et oui ils ont raison, le sentier part bien plus haut, nous les quittons et dévalons avec plaisir ce superbe sentier qui surplombe la rivière, serpentant dans la flore et la forêt équatoriale. Il s’en suit un très long passage qui nous oblige à contourner et jongler avec les 2 rives de la rivière. Nous rencontrons la sécurité sur le parcours, ils nous disent que deux équipes se sont perdues plus haut. Nous perdrons aussi 45mn pour trouver la sortie pour l’ascension finale qui doit nous mener au prochain Cp à 3 250m par manque de témérité de notre part. Nous nous retrouvons à 4 équipes avant d’attaquer le morceau de bravoure, une montée vertigineuse de 3km dans la boue où chaque pas est un calvaire, on avance de 2m et recule d’ 1m !
Nous mettrons près de 2h pour cette ascension, perdant 2 places au passage. Les colombiens, même sans bâtons, ont la foulée bien plus agile. Nous ne leur concédons un quart d’heure, ce qui n’est pas mal vue notre vitesse de progression. Au passage nous franchissons un pont suspendu au dessus d’un torrent déchainé à la stabilité et la conception plus qu’archaïque. S’en suit un long passage dans les marais à 3 000m d’altitude autour d’un lac avant de rejoindre Pinan, lieu du prochain CP. Nous aurons mis plus de 9h pour effectuer ce trek et nous sommes toujours en 6ième position. Pinan, lieu magique où nous
regretterons d’être en course, car allez à Pinan c’est fantastique, village andin ancien aux constructions
traditionnelles à des heures de toute civilisation. Nos assistants ont mis plus de 6h pour s’y rendre depuis le dernier CP en 4X4 !
Après une halte salvatrice à 3 100m nous repartons pour 110km de VTT, entrecoupé d’une descente en rappel. Le premier tronçon s’avère très difficile à rouler. C’est une longue ascension sur une piste parsemée de gros blocs de rocher, de sable et de cailloux coupants sur 14 km pour nous amener à 3 626m d’altitude. Les passages traversés sont sublimes. Après c’est une très belle et longue descente, sous la chaleur, parfois à plus de 45/50km/h. Après le passage d’une grosse vallée, nous en profitons pour faire un petit apéro.
Saucisson, fromage, biscuit salés et coca agrémentent cette pause bien méritée. Une grosse bosse, une belle descente sur les pavés où nous lâchons les chevaux, puis nous arrivons au CP de Buenos Aires à 2 306m. Là, nous apprenons qu’un des membres de l’équipe Buff s’est fracturé la clavicule, l’équipe est
malheureusement contrainte à l’abandon. Encore un long faux plat dans la brume, chaleur étouffante,
humidité, végétation luxuriante agrémente cette fin de parcours où nous croisons deux serpents. Dans la
vertigineuse descente qui suit nous recevons nos premiers arrosages de carnaval : 3 énormes seaux
d’eau ! quoique salvateurs sous cette chaleur. En fin de descente nous atteignons le pont où a lieu le
rappel qui nous fera plonger dans une rivière assez chaude à 1 045m. La porte horaire est à 18h, nous y
sommes à 15h45. Seulement 6 équipes valideront ce passage. Encore 32km avant le changement de discipline, le parcours emprunte une ancienne voie ferrée, une grosse remontée où nous prenons tour à tour un gros coup de chaud. L’eau commence à manquer depuis ce matin dernier ravitaillement. Nous finirons ce monstrueux VTT en à peu près 12h. Nous empruntons au passage un superbe canyon où
quelques enfants s’amusent de notre passage. Nous terminons à la nuit, nous sommes heureux de voir nos assistants après une si longue journée sans assistance. Les organismes commencent à être bien entamés. Nous prenons un peu notre temps. Nous emmenons de grosses réserves car la prochaine nuit risque d’être très longue, les chemins s’avérant très difficiles à trouver dans la forêt. Nous sommes
maintenant à 45mn des 4ième une équipe colombienne.
Nous attaquons ce dernier trek à 20h, confiants depuis El Milagro à 1 800m. Nous trouvons sans trop de
difficulté le CP virtuel au village d ‘Achira. Le plus dur est à venir, trouver le sentier qui doit nous mener à Palo Blanco. A la sortie du village, nous nous rendons compte qu’au moins 2 équipes sont encore en train de chercher ce sentier. Nous apprendrons plus tard que l’équipe équatorienne de tête aura mis 6h pour le
trouver. Nous le trouvons assez rapidement, et doublons les 4ième à ce moment. Extinction des frontales et c’est quasiment à quatre pattes que nous nous enfonçons sur ce sentier au cheminement des plus aléatoire.
Nous y passerons par différents états d’âmes ,d’abord un peu d’angoisse durant 10mn quand nous nous perdons dans une forêt de bambou infranchissable, puis de joie quand nous souhaitons un bon anniversaire à Céline vers 1h du matin (26ans)… Au col autour des 3 800m, nous nous accordons une pause dodo de 10minutes, la seule et unique du Raid ! Je ne dors pas, là-bas en France c’est aussi
l’anniversaire de ma fille qui fête ses 15 ans ! Nous arrivons enfin au CP15 de Palo Blanco vers 3h du matin, nous nous sommes maintenant rapprochés à 15mn de l’équipe colombienne 3ième. Rencontre avec des locaux qui ont un peu trop fêtés le carnaval (quelques échauffourées entre eux !).Malheureusement peut-être par manque d’audace, nous mettrons presque 2h pour sortir du village et trouver le sentier. Il faut dire que la forêt qui se présente devant nous semble des plus hostiles, la précédente a laissée des traces sur nos corps et les a un peu meurtris. Nous devons remonter autour des 4 000m. Nous arrivons enfin à 8h au CP16 à 3 680m à travers d’énormes étendues de « paja toquilla », celles qui servent à réaliser les Panamas, et de cactus d’altitude où la progression est des plus difficile. Nous n’avons pas le temps de flâner, la prochaine porte horaire est à 10h et il nous reste encore 9km à couvrir. Nous allons trottiner jusqu’au CP suivant que nous atteindrons à 9h30, ouf nous sommes dans les temps et nous devons nous dépêcher pour repartir avant 10h. L’organisation nous apprenant juste avant notre départ que la porte horaire est supprimée, car nous ne sommes plus que 5 équipes en course à avoir franchies toutes les précédentes portes horaires.
Tant pis, nous y allons sans attendre, les colombiens ne devant pas être loin derrière nous et il reste encore 83 km de VTT.
Petit moment d’angoisse quand les assistants ne retrouvent pas ma paire de chaussures de VTT.
La journée s’annonce chaude et difficile (ce sera la plus chaude et de loin !) Nous sommes 4ième a à
peu près 1h30 de l’équipe colombienne qui nous précède et c’est à peu près cette avance que nous avons sur l’autre équipe colombienne qui nous suit (c’est un hotdog de petits français à la sauce colombienne !). La première partie du VTT se passe autour des 3 000m d’altitude et cela durant 50km sur des pistes
pavées dont les secteurs n’ont rien à envier (même pire !) à ceux de Paris Roubaix ! Après une crevaison, une rupture de câble de dérailleur avant, de grosses douleurs dues à des ampoules aux pieds pour Céline,
quelques erreurs d’orientation dues à l’inexactitude des cartes, nous allons atteindre, après encore une
monstrueuse descente dans le sable et les gros rochers (seul chemin carté mais plus utilisé depuis 20
ans !) où nous achevons nos plaquettes de frein à disque (les vélos comme nous souffrent..) le CP20
d’El Chota. Il fait très chaud, l’ombre est rare, les coups de soleil non ! A El Chota vision indescriptible
d’une fête du Carnaval où des centaines de gens se sont massées dans la rivière, d’autres centaines
dansent sur des rythmes endiablés… arrosages, bombages parfumées, jets d’œufs, tout y passe dans une atmosphère bon enfant. C’est le carnaval et les locaux ne se gênent pas pour nous y soumettre. En cette fin de journée, il ne nous reste plus que la dernière ascension de 23 km qui va nous amener au col à 2
500m avant de basculer vers Ibarra où nous attend le dernier effort en kayak (El Chota est à 1 500m) sur le lac. A 18h30 après 15km de montée l’organisation vient à notre rencontre, la piste devenant dangereuse car fréquentée par un ballet incessant de gros 4X4. En effet la fête d’El Chota étant devenue trop importante, la police a préféré fermer la Panaméricaine et les locaux retournent sur Ibarra par cette piste de sable habituellement désertée par les véhicules. Cela devient très dangereux de naviguer de nuit dans la poussière dans le flot continu des 4X4 qui ne nous prêtent aucune attention (sauf pour quelques arrosages quand même !) Les positions sont donc figées entre les trois équipes qui sont encore en course sur cette piste. Nous aurons quand même effectué plus de 240km de VTT au total, dont 75%sur des routes pavées irrégulières où l’on cherche désespérément les bordures pour plus de confort.
Nous arrivons donc à Ibarra, au moment où l’équipe colombienne 3ième termine son canoë. Ils leur reste
encore 1.4km à parcourir pour franchir la ligne d’arrivée. Après un ultime changement dans la joie, et
une délicieuse salade de fruits frais et de thon, nous allons réaliser la dernière section de kayak en moins de 1h. Nos assistants nous accompagnent jusqu’à la ligne d’arrivée que nous franchirons munie d’un drapeau qu’ils ont confectionné titré Raid 74. Cela fait un peu moins de 61h que nous sommes partis, nous sommes heureux d’avoir vaincu et terminer ce formidable périple. L’accueil par l’organisation est énorme, sensationnel, le champagne coule à flots, très gros gâteau pour l’anniversaire de Céline. Nous nous congratulons… nous sommes heureux tout simplement ! Nous ne sommes que 5 équipes à avoir accompli l’intégralité du parcours…
Quelques remerciements à l’issue de la course et surtout quelques belles images en mémoire, que je cite là pèle mêle…
Le village de Pinan et ses enfants perdu dans la sierra…
Merci à nos assistants et merci pour vos sourires Veronica, Marie, Diego et Alvaro…
merci à cet agriculteur et son fils quelque part perdus dans la montagne qui nous ont confirmé la direction vers Azabi… Merci à ses deux hommes rencontrés au hasard de la nuit après la tyrolienne de Cuellaje… merci à cette équatorienne et son enfant qui nous ont donné de précieuses indications pour sortir d’Achira… enfin merci à l’organisation de l’Huairasinschi (Felipe, Santiago et tous les autres ) pour cette aventure fantastique…
Quant au retour en van sur Quito avec Lorena nous n’en verrons rien, le sommeil nous prenant dès la
sortie d’Ibarra. Nous retrouvons alors avec délice les chambres cossues de l’Hôtel Sébastian… bonne nuit.
Mardi 16 février, nous sommes invités à une présentation fort intéressante par le ministère du tourisme où nous retrouvons Karina Ruiz (encore merci pour votre accueil)… nous sommes un peu les ambassadeurs des coureurs sur ce raid où le ministère est partenaire. Ensuite direction la remise des prix dans un ancien hôpital majestueux de l’époque coloniale espagnol…
Patrick.G – Céline.G – Stéph.A – Tof.A
C’est avec émotion que l’on reçoit sous les ovations notre prix et c’est en espagnol que nous remercions
l’ensemble de l’organisation et que nous relatons sommairement nos émotions d’avoir terminé en si bonne
position une telle épreuve.
Cocktail de fin, images de courses terminent cette soirée.
Nous allons prendre un dernier repas avec nos assistants à Quito pour fêter ce résultat.
Le lendemain, nous devons remettre nos vélos dans les caisses, ranger nos affaires ce qui n’est pas une mince affaire. Dernière virée avec Felipe qui nous amène prendre le téléférique qui nous amène sur le cratère du volcan qui domine Quito… virée au mercado central pour faire le stock de souvenirs,
derniers pas dans cette belle citée que nous n’avons pas eu le temps de bien visiter… retour à l’hôtel où nous attend Lorena et notre ami chauffeur(chut j’ai oublié son nom) pour nous accompagner à l’aéroport.
Derniers regards, derniers pas … la fin c’est toujours un peu triste, même si l’on a envie de retrouver son chez soi !
Voilà j’en ai terminé de mon récit sur cette exceptionnelle aventure… c’est le genre d’aventure qui vous prend les trippes et que l’on n’est pas prêt d’oublier.
Viva El Huairasinschi !
Viva El Ecuador !
Viva à tous les enfants et tous regards que l’on a croisés… et plus spécialement
je souhaite qu’il existe toujours un Pinnan avec ses enfants dans tous les pays du monde.
Par Patrick.G
Le site Raid 74
Photos Récit de l’équateur par le Team Raid 74
A decouvrir en ce moment : Manchon de compression Booster


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