Retour sur le Raid Total Centrale Paris





Article proposé par Thibault Poisson
Raid Total centrale Paris
Après 5 jours de pure adrénaline en contact direct avec la nature du Pays Basque, retour sur cette aventure qui a réuni 200 participants et 80 organisateurs autour d’épreuves toujours plus intenses.
Vendredi 25 Avril : Dans la douceur du soleil de printemps régnant à Sainte Engrace, j’entends tout à coup une exclamation : Ils arrivent, ils arrivent ! Qui ? Les concurrents bien sur ! Venu de différentes entreprises et écoles de commerce de France et de Navarre, ils prennent possession peu à peu du camp. Et les premières questions fusent :« Alors il est comment l’iti ? » demande l’un. « Il y aura quoi comme actis’fun cette année ?» questionne un autre, routard du raid centrale. Alors que certains s’entrainent au montage et pliage de leurs tentes 3secondes («si si, je t’assure faut faire trois torsions et appuyer dessus très fort ! ») d’autre viennent, échangent, et racontent leurs exploits des années précédentes : « Je t’assure, de la pluie et de la boue pendant cinq jours ! C’était dur, mais qu’est-ce que c’était bon ! ». Sur ce point pas de souci cette année, le soleil aura été présent de A à Z !
Samedi 30 Avril : Au son de la fanfare, les concurrents s’élancent. Dès les premiers mètres, les raideurs raident en pente raide, laissant derrière eux un sillage de déodorant. Après le 1er check point, on remonte brièvement le cours d’un ruisseau – attention, ça glisse ! -, au milieu d’une nature sauvage. Tout d’un coup, magie, les gorges d’Holzarte et leur passerelle à 160 mètes de haut apparaissent, au son de Fort Boyard. « Ça donne envie de courir » glisse au passage Fabrice, de l’équipe Pirates des Caraids.
Malgré ces émotions, c’est loin d’être terminé : une terrible montée attend les participants avant d’atteindre le 2e check point, où l’on enfourche les VTT. Après quelques traîtres faux plats et un beau dénivelé vient enfin la consolation : une longue descente, sur une route il est vrai si caillouteuse, pentue et zigzagante qu’elle ferait passer le Paris-Roubaix pour une aimable plaisanterie. « Clairement, on met notre vie en danger, mais c’est drôle ! » jubile Simon, des Indés 29. Heureusement, le temps est au beau fixe, et les risques de glissade limités. Pas ceux de crevaison toutefois : quelques rustines seront vite nécessaires aux dégonflés…
Finalement, tout le monde arrive aux alentours de 13h au 3e check point. Ne reste plus alors que l’activité de canyoning, non chronométrée : pour les raideurs fourbus, se plonger dans l’eau froide est un vrai plaisir…
Dimanche 31 Avril : 7h30 : tous les coureurs partent à l’assaut de la montagne par un chemin en lacets, dessinant sur la montagne un Z coloré. Une fois au sommet, on aspire à pleins poumons le bon air, on contemple un instant les vertes montagnes basques, et on monte illico sur son VTT. « Vous n’avez pas prévu un petit moteur électrique pour les montées ? » s’inquiète Thais, de Reims, avec l’esprit pratique qui caractérise les futurs commerciaux. Eh bien non, mais qu’elle se rassure : ça descend jusqu’au 2e check point, au lieu dit Lafatigue – ça ne s’invente pas !
En effet, des raideurs semblent durement se ressentir de la balade en vélo : ils marchent en canard, la combinaison couverte d’éclaboussures. Quelques étirements et sandwiches plus tard, c’est parti pour une course d’orientation. Après avoir erré dans la forêt à la recherche de balises, les coureurs ne sont pas au bout de leurs peines. En suivant les indications des staffeurs, ils arrivent à un précipice…
« Putain ! », « Oh la vache ! », ou plus prosaïquement « C’est haut », les exclamations les plus vigoureuses viennent saluer cette découverte. Pas de panique, Olivier, spécialiste de l’escalade, est là pour aider à descendre les 40 mètres de falaise en rappel. Malgré l’appréhension de certains, tout le monde se lance, avec parfois un sac à dos en guise d’airbag…
Arrivés en bas, les plus téméraires peuvent choisir de remonter en escaladant, tandis que les autres, fins stratèges, se contentent de promettre des bières aux grimpeurs méritants.
Lundi 1 Mai : Aujourd’hui, départs échelonnés pour les raideurs, avec en tête les « Petits PO », premiers au classement général. C’est parti pour la première épreuve de la journée, le « run & bike », où deux équipiers à vélo courent aux côtés de deux autres à pied. Après une dizaine de kilomètres, les équipes abandonnent leurs vélos au premier check point. À partir de maintenant, ça va grimper un peu plus…
Des bandes de brouillard du plus bel effet recouvrent les montagnes. Si les coureurs connaissaient déjà le Pays basque par beau temps, le crachin = le leur fait maintenant découvrir sous un nouvel aspect, plus humide. Cette parenthèse bucolique refermée, 2e check point. Petite pause casse-croûte avant de repartir pour l’activité à sensations de la journée : la spéléologie, où les concurrents pourront explorer la grotte aux milles vaches.
Et c’est reparti pour la dernière partie de la journée, en VTT ! Dès 12h30, les Lyonnais de « Trek it easy » arrivent à la citadelle de Saint-Jean Pied-de-Port, suivis de près par plusieurs équipes, le visage constellé de taches de rousseur, ou plutôt de boue.
Mardi 2 Mai : Après un départ échelonné en VTT, les raideurs délaissent leurs vélos au premier check point pour reprendre la course pedibus. Le soleil est bien de retour en ce quatrième jour de raid. De quoi profiter du parcours, qui sinue le long des crêtes d’Iparla, à cheval sur la France et l’Espagne. Quelques nuages peu menaçants étalent leurs ombres mouvantes sur les vallées et les montagnes ; on voit la mer au loin, ton sur ton avec le bleu du ciel. Sans conteste le plus beau moment du raid, selon nombre de participants.
Puis les raideurs commencent à fantasmer sur les délices qui les attendent au check point 2, quelques kilomètres plus loin. Il est vrai que c’est aujourd’hui la journée « VIP » : les DRH des entreprises partenaires du raid viennent rencontrer les concurrents, et l’on peut imaginer un régime de faveur. « Des massages ! » exige l’un, tandis qu’un autre croit savoir qu’il y aura des petits fours… « et du champagne ! » rajoute un petit rigolo pour faire bonne mesure.
C’est presque le cas. L’accueil des concurrents au « point VIP » est soigné, avec un buffet froid à base de jambon de pays et de salades. Mais surtout des jeux de force basque attendent les concurrents: tir à la corde, lever d’une enclume de 18 kg et transport de bidons de lait – sûrement l’épreuve la plus drôle, mais pas la moins difficile. Direction maintenant le canoë, pour la descente de la Nive « ça avance quasiment tout seul » selon Matthieu, de l’équipe Total 2.
Dernière épreuve de la journée, un peu de VTT, avant d’arriver au camping d’Espelette (vous savez, les fameux piments), en musique : Un groupe folklorique attend les raideurs à l’arrivée, pour faire danser ceux qui le peuvent encore’…
Mercredi 3 Mai : Zim bada boum ! Réveil en fanfare dès 2h00 du matin, pour cette dernière journée du raid. Pas un dormeur ne peut y échapper, car les musiciens passent de tente en tente, imposant méthodiquement leur tonitruante bonne humeur. Et c’est le départ. A pied ou juchés sur leurs vélos, les raideurs s’enfoncent peu à peu dans la nuit. De loin, on ne voit que les lampes frontales des coureurs, qui brillent et se déplacent dans le noir comme autant de lucioles.
Mais attention, qui dit nuit dit difficultés supplémentaires : dans ces conditions, changer une roue de vélo relève de l’exploit : il ne faudra pas moins de 45 minutes à l’équipe Total pour le réaliser ! Finalement toutes les équipes arrivent à Sare, premier check point, mais avec un peu de retard et par des routes différentes … À 6h du matin, la petite ville endormie résonne enfin des cris des raideurs. Il s’agit maintenant de monter sur la Rhune (800 mètres d’altitude), tout en admirant un lever de soleil sur le Pays basque. Arrivé au sommet, c’est la récompense, avec le spectacle de la baie de Saint-Jean-de-Luz vue depuis le sommet de la montagne.
Fatigués, mais pas découragés pour autant, les raideurs reprennent une dernière fois leurs vélos pour gagner la baie. La course d’orientation maritime qui les y attend sert de récompense à une rude matinée, et permet de terminer en apothéose ce 10e Raid Total Centrale. La navigation n’en est pas pour autant une partie de plaisir, la houle étant ce jour-là particulièrement forte. Mais une fois la plage de Saint-Jean atteinte, et le portail d’arrivée franchi, les canoéistes peuvent laissent éclater leur joie. Ouf, c’est fini ; vivement l’année prochaine !
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