Verdon Canyon Challenge

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Pour cette seconde édition nous étions plus de 280 participants, sur les deux épreuves.
Après avoir glané quelques renseignements autour de moi, j’ai su qu’il y avait, outre la
France, une forte délégation de Réunionnais,et quelques nations réprésentées, telles que l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, la Russie, la Suisse et le Luxembourg.
4h00 du matin, alors que les habitants de la petite commune d’Aiguines,
(niché sur la rive gauche à l’entrée des gorges du Verdon) sont encore dans
un profond sommeil, nous entrons dans notre rituel d’échauffemet avant de
prendre le départ des 100 km et d’affronter les sentiers sinueux et verti
gineux de “l’enfer Vert Emeraude”. L’air est vif pour un mois de juin, mais
personne ne s’en plaindra, ce sont des conditions plus tôt favorables pour
nous coureurs. La grande chenille des frontales se dirige vers le lac de Ste
Croix.
A Bauduen l’équipe des réunionnais, venue en large comité, va passer en
tête. Entre temps les participants du 35 km doivent se préparer, car à 6h00
du matin leur tour sera venu de se jeter dans la bataille. Ils vont directement
affronter, un des gros morceaux du parcours, le Grand Marges, point culmi-
nant de l’épreuve, qui s’élève à plus 1500 mètres d’altitude, faisant une bar-
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Depuis un bon moment la course est
lancée, après avoir fait un échauffement
de près de 26 km, nous allons entamer à
notre tour la longue et pénible ascension
du Grand Marges. Le soleil commence à
faire sentir sa chaleur, cela nous fait un
peu lever le pied le but est de finir ce long
périple.
Le ravitaillement de la petite forêt est le
bienvenu, mais il ne faut pas tarder car
nous n’en sommes qu’au 35 kilomètres et
les principales difficultés ne sont pas
finies.
La descente dans les gorges se fait avec
une grande précaution, bien que le sol
soit sec, il faut regarder où l’on met les
pieds, ce n’est pas le moment de se faire
une entorse.
Dans le fond nous entendons couler le
Serpent Vert, enfin nous voilà arrivés.
De l’ombre et un peu de fraîcheur qui
sont les bien venues. Un sentier mag-
nifique, nous passons sur des souches
d’arbres, sur des surplombs, sous des
baumes, on se croirait dans un autre
monde. Mais après s’être délecté de
toutes ces merveilles, il faut remonter.
Un sentier, taillé dans la parois est face
à nous, courage d’une manière ou
d’une autre, il va falloir surmonter sa
peur, mais, la beauté fascinante m’em-
pêche de penser qu’au dessous de moi
il y a plus de 300 mètres de vide, en
quelques secondes je suis passé, mais
j’en ai pris plein les yeux. Que la
nature est belle.
Un peu plus haut, un groupe de
secouristes est là, prêt à intervenir au
cas ou.
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Je continue et je suis maintenant sur l’autre
rive, enfin j’ai pu faire plus de 65 km, mes
jambes me tirent, je commence à avoir des
courbatures, il faut que je gère mon effort, car
je ne suis pas au bout de mes peines, (t’as
signé c’est pour en ch…).
Heureusement sur les points de ravitaillements
les secouristes et bénévoles sont là pour nous
apporter les soins nécessaires et nous aider à
remonter notre moral. Le seul petit reproche
que je peux faire sur les ravitaillements, c’est
qu’ils manquaient de produits tels que pâtes ou
soupes salées pour nous apporter la perte de
sel importante que nous avons eu, mais je
pense qu’il faut être un peu indulgent avec l’
organisation, cela ne doit pas être simple,
j’espère qu’ils écouteront nos conseils.
C’est vraiment une belle épreuve et elle mérite
d’être connue, je peux vous dire que pour ceux
qui aiment le dépaysement, et bien ils y trou-
veront leur compte. Après cette petite paren-
thèse, j’en reviens à la course. La nuit com-
mence à tomber, les odeurs envahissent l’at-
mosphère, les grillons chantent. Dans un
moment je vais rallumer ma frontale.
J’arrive au ravitaillement du
Chalet de la Maline. Moyennant
quelques euros les restaura-
teurs, d’une grande gentillesse,
nous proposent des pâtes ou
une soupe, je n’hésite pas je
peux enfin me restaurer et
prendre quelques minutes de
repos, bien méritées.
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Il est vraie que je n’ai plus la fougue du
matin et je me dis que je me ferais bien
raccompagner par la navette, mais non,
je me « bouste », malgré ces méchantes
douleurs qui ne font qu’augmenter et ne
veulent pas lâcher prise, je me lance dans
l’antre béante du canyon baignée par la
nuit noire. Je n’aurai pas le plaisir de voir
le paysage, mais j’ai hâte d’être sur
l’autre rive. Je ne vois jamais arriver la
passerelle, elle met du temps à venir.
Enfin la voilà, sous mes pieds j’entends le
bouillonnement de l’eau, il ne faudrait
pas tomber.
Le balisage est parfait, malgré le manque
de rubalises réfléchissantes, il est pra-
tiquement impossible de se perdre, sur ce
type de course il faut être tout de même
très vigilant. Je regarde l’heure à ma
montre,il est 2h30 et je commence à
peine ma longue et pénible remontée sur
la rive gauche.
Je n’en vois plus la fin, mais j’entends des
voix plus haut et je me dis que ce sont
certainement les personnes du ravitaille-
ment liquide,qui nous attendent. Enfin la
montée est moins dure, mais le sol est
parsemé d’embûches, je gère. Me voilà au
ravitaillement, les gens sont adorables,
ils ont toujours le mot pour rire, malgré la
fatigue qui se fait de plus en plus
pesante, ils arrivent encore à me
décrocher un sourire.
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Je repars, je sais que le prochain point est à environ 5 kms, il faut que je tienne au
moins jusque là. Me voilà seul dans la nuit noire, sur un grand chemin en sous bois,
une multitude de bruits envahissent l’espace. Dans le lointain, j’aperçois une faible
lueur, dont je me rapproche doucement.
C’est le dernier ravitaillement, avant la longue remontée du Grand Marges, il est
quatre heure. Les bénévoles eux aussi commencent à être fatigués, malgré cela ils
sont toujours de bonne humeur.
Là, je n’en peu plus, il y a des moments dans la vie ou les décisions ne sont pas
toujours faciles à prendre, mais il faut être sage. Je jette l’éponge, avec quelques
regrets, mais avec tout de même une grande fierté, d’avoir accompli un effort
personnel, d’être allé au bout de moi même, certes, je n’ai pu passer la ligne
d’arrivée, mais comme le disait Pierre de Coubertin, “l’essentiel est de participer”.
Je reviendrai l’an prochain avec un peu plus de préparation physique, en espérant
franchir cette satanée ligne d’arrivée. Je peux vous dire, vous amateur ou alors
pratiquants confirmés de courses extrêmes, que celle-ci est vraiment à faire, le
dépassement de soi c’est ce que nous recherchons, alors comme moi osez venir
affronter les sentiers de ce lieu magique et beau qu’est le Verdon.
Un grand merci à tous les bénévoles, qui nous ont permis d’aller jusqu’au bout de
nos efforts. Quelques modifications sont a apportées à cette épreuve, qui j’en suis
à un avenir très prométeur.


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Article écrit le 18 juillet 2007 á 23:05 par benoit

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