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O’Castor 2006

10 décembre 2006 Aucun commentaire

Une semaine avant la course, nous avons réussit Hélène et Moi à nous inscrire pour la O’Castor alors que les inscriptions étaient closes. Nous ne pensions pas pouvoir courir cette année en raison du manque de transports en commun pour aller sur le lieu de course. Quand nous avons vu qu’il existait une gare SNCF à 1km du centre de course, nous nous sommes jetés sur les bulletins d’inscription en demandant aux organisateurs d’êtres sympas … Et ce fut le cas puisque moins de 3 jours après nos noms apparaissaient sur la liste des inscrits.
Nous ne voulions pas rater cette course que nous avions tant apprécié l’année dernière malgré le froid.

L’état des troupes n’est pas au mieux pour aborder cette course : Hélène s’est un peu fait mal à une cuisse lors de la séance de fractionné sur piste de vendredi, et moi j’enchaine séance longue sur séance longue depuis quelques semaines et je commence sérieusement à sentir la fatigue. Mes objectifs perso sont de faire une course propre techniquement. Hélène qui avait finit au pied du podium l’année dernière va tenter de faire une meilleure course. Mais notre objectif commun et principal est de se faire plaisir sur une course d’orientation.

Nous partons de Paris Montparnasse vers 8h. Dans le train il n’y a personne d’autre que des fêtards qui rentrent et quelques autres coureurs qui se rendent à la O’Castor. C’est toujours impressionnant de quitter Paris, car on ne voit que des maisons à perte de vue et on se demande bien où on va courir. 45 minutes plus tard nous arrivons en gare de Fontenay le Fleury. Commence alors notre première épreuve d’orientation : aller de la gare au centre de course avec pour seule carte, le plan imprimé sur Via Michelin. Or à ce moment, j’ai fait ce qu’il ne faut en général jamais faire en course d’orientation, a savoir suivre les autres coureurs. Cette fois ci ce fut bon car nous sommes bien arrivés sans nous perdre.

Comme l’année dernière, nous sommes accueillis dans un gymnase avec vestiaires, douches, consigne. Tout est très bien organisé : en moins de 10 minutes nous avons récupéré nos dossards et nous allons nous mettre en tenue. Il nous reste alors 35 minutes pour manger quelque chose et nous rendre au départ pour nous échauffer.
Cette année, nous pouvons partir légers, il ne fait pas trop froid. Deux carlines ML et un bonnet suffiront. Je me souviens encore l’année dernière quand l’eau gelée a formé une plaque de glace sur mon torse…

Ensuite c’est toujours le même rituel : vidage du doigt, vérification du doigt, échauffement sur l’aire de départ…. Puis départ.

Le départ est donné sur une portion de piste qui doit être destiné en temps normal aux bicross avec des « hoops ». Bref un départ très bourrin, avec beaucoup de frottement : 900 personnes dans les hoops c’est énorme. Plusieurs coureurs se sont retrouvés projetés sur les arbres, étalés dans la boue… Directement on est dans le bain, c’est le cas de le dire. La pluie a du tomber il y a peu, ce qui rend le chemin très glissant. Le meilleur choix consiste alors à courir dans l’herbe le long du chemin. La partie avant la remise des cartes est assez longue, pour étaler les 900 coureurs il faut de la distance. Au moment de récupérer les cartes, je suis déjà loin derrière la tête de course car je n’étais pas idéalement placé sur la ligne de départ.

Par expérience, il y a deux moments cruciaux où la concentration maximale est nécessaire en course d’orientation et plus particulièrement sur les courses avec départ en masse, il s’agit du départ et de la fin. Au départ, il y a plein de coureurs qui partent dans tous les sens. Il ne faut pas se laisser influencer et rester concentré sur sa carte pour ne pas se planter dès les premiers postes. Ensuite, la course se déroule et les coureurs s’étalent ce qui rend la course plus calme. En revanche, les fons de parcours sont en général plus mouvementés. Il y a en premier lieu la fatigue et l’approche de l’arrivée qui peut pousser à la faute. Ensuite, tous les circuits convergents, il faut donc rester concentré pour ne pas se planter. De toute manière, la course d’orientation est un subtil mélange de concentration, de subtilité et d’anticipation.

Je fais complètement abstraction des autres coureurs durant cette première partie de la course. Je me concentre uniquement sur ma carte. Les premiers postes s’enchainent bien, la carte parait bonne. Finalement le chaos de début de course s’estompe rapidement. Je me trouve avec deux autres personnes qui semblent courir ensemble. Bien que nous fassions des choix d’itinéraire différents, nous nous retrouvons à chaque poste. Cette première partie de course se déroule sans encombres, mon orientation est propre, pas d’erreur a déplorer, les jambes vont plutôt bien, bref tout va bien. Au bout 45 minutes de courses, nous n’avons fait que 5 postes sur les 30 qui composent notre circuit. Je me dis que ce n’est pas gagné pour rentrer en 2h20 comme prévu initialement.

Au quart du parcours, nous entrons dans le parc d’une grande propriété. En fait un poste se situe dans le parc du château, et nous traversons ce parc pour nous rendre dans une deuxième partie de foret qui se trouve de l’autre coté. Si la partie orientation de la traversée du parc n’est pas extraordinaire, je trouve que l’initiative de nous y faire passer est très sympa et originale. Ce n’est pas tous les jours que des propriétaires acceptent que des coureurs traversent leurs terrains. Au bout du parc nous passons par une petite porte dérobée pour sortir du parc, qui a été ouverte pour l’occasion. Sur cette partie du parcours j’ai commencé a sentir que mes jambes n’allaient pas m’emmener très loin à ce rythme là. Jambes lourdes, relances difficiles, tous les signes de fatigue sont réunis.

Après le passage du parc, on enchaine une petite partie avec quelques montées. J’en profite pour me ravitailler. Nous n’en sommes pas à la moitié du parcours et déjà je sens que je faiblis. Il va falloir s’accrocher jusqu’à la fin. Sur les parties plates, ça passe encore. Je ne suis pas trop loin de mes compagnons de courses avec qui j‘ai couru depuis le début. A la faveur de quelques postes un peu plus techniques j’arrive à remonter un peu. Peu avant de faire un demi-tour en bout de carte, je croise les premiers de la course. Ils ont seulement 3 postes d’avance sur moi, mais des longs postes à postes. C’est très clair, je vais finir loin derrière. Ces quelques postes à postes sont très durs pour moi. Ils sont constitués de longues lignes droites sur piste, très peu ludiques. Pour moi qui ai mal aux jambes, la course devient très dure.

Ensuite c’est retour dans le parc du château pour passage dans l’autre sens. Je me retrouve avec des coureurs du circuit B. Il y en a un qui coupe alors nous faisons le tour. Je pense qu’il n’a pas du voir qu’en coupant il passait dans des marais et qu’il devait traverser un canal… J’imagine alors qu’il va faire demi-tour, mais c’était sans compter sur sa motivation : il a traversé le canal à la nage… motivé le garçon. Nous retraversons sous la route et nous attaquons une partie de postes sur un flanc de plateau. Mes jambes explosent, je suis complètement mort. Je fais même la descente en marchant, de peur de me faire mal. En effet, plus que 15 jours avant la Saintélyon, ce serait dommage d’avoir fait tout ça pour rien…

Puis je me reprends en main, je me remotive. Il faut terminer cette course correctement : à la fois techniquement (ne pas faire d’erreurs) et physiquement (courir). Les postes ne sont pas compliqués techniquement, mais à nouveau il commence a y avoir du monde sur le chemin, tous les petits circuits qui sont comme moi en train de rentrer. Le chemin qui était déjà boueux avant le passage des coureurs, est maintenant un véritable champ de bataille. Il est impossible de courir dessus ; ça glisse, ça colle… Les bas côté sont mes meilleurs amis à ce moment. Ils me permettent de courir à l’écart des marcheurs.

Enfin arrivent les derniers postes. A ce moment on se dit toujours que l’on aurait pu courir un peu plus, qu’on en avait encore dans les jambes. Je pointe le dernier poste, je suis partit il y a 3h02’. En arrivant j’aperçois Hélène qui est déjà là. Malheureusement pour elle, la course ne s’est pas terriblement bien passée : la douleur dans la cuisse était le nerf sciatique. Elle s’est retrouvée presque complètement bloquée en milieu de course avec impossibilité de courir. Elle est terriblement déçue, elle fait une CO dans l’année, faut que ça tombe dessus…

Organisation :
La O’Castor est organisée par Guyancourt Orientation. Je veux juste faire un mot rapide pour l’organisation de cette course.
Des circuits parfaits : ils savent faire des circuits de longue orientation alternant parties simples et parties techniques.
Une carte parfaite : la carte était de très bonne qualité. A aucun moment je n’ais vu de chose fausse. Chaque élément recherché et nécessaire à la navigation était sur la carte.
Enfin, une organisation parfaite : franchement, accueillir autant de coureurs dans de si bonnes conditions est le gage d’une organisation de qualité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 800 coureurs l’année dernière, plus de 900 cette année. Si le nombre augmente de 150 chaque année… Vraiment tout est très bien fait, une manière idéale pour les débutants de se mettre à la course d’orientation. Bravo à toute l’équipe.

Photos O’Castor 2006


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