Ca faisait un petit bout de temps que je n’avais pas mis de dossard. Quand Yvonnick m’a proposé d’aller courir le Trail Nocturne de Mondeville il y a un mois, le sang n’a fait qu’un tour dans mes veines : c’est partit mon kiki.
Finalement, ce n’est pas à deux, mais à 4 que nous nous y sommes rendus : Emeline, Thibault, Yvonnick et moi.
Rendez vous chez Yvonnick vers 16h, il faut une heure pour se rendre sur le lieu de course. Dans la voiture ça papote un peu de tout, mais surtout de trail, en effet, pour Emeline et Thibault c’est une première. Au passage, Emeline stresse un peu, sa lampe n’est pas terrible… Bah t’inquiète pas, il y aura du monde, en plus comme il a plu, ça va glisser ce sera marrant !!
Peu avant d’arriver sur le lieu de course, un petit coup de stress nous envahit, lorsque nous sommes arrêtés sur la route par une course qui traverse…des coureurs équipés de camelbacks, plein de boue sur les jambes… On est samedi et en région parisienne, on ne peut pas dire que les trails se bousculent le calendrier. On pense alors que le départ de la course à été avancé et que nous l’avons raté. En réalité, nous apprendrons plus tard que l’organisateur ayant eu des problèmes d’autorisations pour le Trail des moulins, il a été contraint d’organiser les deux courses le même jour.
C’était donc la grande fête du trail lorsque nous sommes arrivés à Mondeville. Le temps d’une journée la population du village a triplé !!!
En arrivant, on ne peut pas dire que nous sommes super en avance. Il ne nous reste plus que 30 minutes avant le départ pour se préparer et s’inscrire. Nous terminons toutes les formalités 10 minutes avant le départ, le temps pour nous de nous échauffer un peu.
Beaucoup de coureurs se sont déplacés pour courir ce trail nocturne. Nous sommes 364 au départ.
Le départ est donné à 18h. Rapidement je décide de ne pas partir trop vite. Je prends mon rythme pour ne pas me griller trop vite. L’objectif n’est pas ici de faire une perf, mais plutot de me préparer pour la Saintélyon.
Je me retrouve tout de même dans le groupe de tête. Durant toute la course je flotte autour de la 60e place.
La première partie de la course se déroule sur les plateaux, au milieu des champs. Au bout dune longue ligne droite, nous tournons sur notre droite. Je me retourne alors pour voir derrière : c’était vraiment très beau de voir toutes ces lampes frontales dans la nuit. Je pensais que nous allions être tout le temps avec du monde. Finalement je me retrouve très vite seul entre deux groupes : un qui vient de me doubler et qui va plus vite que moi, et un autre moins rapide.
Arrive alors la première descente technique de la course. Je prends très vite conscience d’une part que je suis toujours à l’aise dans les descentes malgré mon manque de trail (rassurant pour la Saintélyon). Mais aussi et surtout que ma Myobelt XP est extrêmement efficace. Je double pour l’occasion plusieurs coureurs dont la lampe n’est pas très efficace. Je repense alors aux coureurs qui sur les forums disent qu’une petite lampe suffit pour les courses de nuit…Ca suffit pour marcher, mais pour courir c’est limite.
Je profite pleinement de cette courte descente. A partir de ce moment la course commence réellement pour moi. Je relance derrière la descente pour revenir au contact des coureurs de devant. Je déroule ma foulée tant que je peux. Penser à la technique malgré la nuit et les appuis moins stables.
Durant toute cette première partie de course j’évite de regarder ma montre. Je sais que la nuit, les sensations de vitesse, de durée et de distance sont différentes.
Arrive alors la fameuse montée des 100 marches. La montée qui fait frémir les coureurs… En tout cas, avant de l’attaquer, je l’ai trouvée impressionnante. Dans le noir on ne percevait pas trop le terrain, par contre des lucioles avaient été placée tout le long de la montée ce qui donnait une impression de piste de décollage… À l’attaque de la grimpette, j’avale une gorgée de gel Maxim. Finalement la montée fait réellement mal aux jambes, mais moins que je ne le pensais, et surtout elle est très courte. En arrivant en haut, je suis surpris. Une nouvelle fois je me lance dans la descente rapidement et rattrape des gens.
Après une partie de plat en relance, je regarde ma montre pour voir la durée écoulée et évaluer ainsi la distance parcourue : merde, mon chrono ne s’est pas déclenché. Comme on est partis vers 18h, ça fait une demie heure que l’on cours, soit à la louche 5 bornes.
A partir de ce moment, je ne me souviens plus exactement du déroulé de la course. Peut être est ce la nuit, la concentration sur le terrain, la déconnexion du cerveau pour mieux encaisser la distance et le rythme…
Toujours est il que je sais que nous sommes passés dans des endroits vraiment très sympas, du sable, des rochers. Une multitude de montées bien raides et de descentes assez techniques. Un vrai jeu de piste. Les organisateurs ont tracé un circuit zigzagant dans tous les sens pour utiliser au maximum les capacités du terrain et de la forêt. Résultat, un parcours peu ennuyant car avec de nombreuses relances. Ce fut très ludique, avec par exemple un passage très raide en descente avec une corde pour s’aider et descendre façon « rappel ». Un mot aussi sur le balisage, qui a été excellent. Les petites lucioles étaient placées régulièrement sur le terrain et du fluo avait été passé sur les éléments dangereux du terrain (souches, cailloux traîtres…).
Au niveau de la forme, j’ai eu un coup de moins bien au bout d’une heure trente de course. D’après mes estimations, il me restait 3 ou 4 bornes car Yvonnick nous avait dit que son objectif était de faire moins de deux heures. Donc mentalement je me préparais a courir encore 4 bornes quand à un croisement, un organisateur répond à un autre coureur « encore 7 bornes » !!!.
Calcul rapide dans ma tête, ça va être chaud de courir à 14km/h pour rentrer sous les deux heures…
Coup dur pour le moral. Il s’en est suivit une partie un peu monotone, longue en ligne droite et complètement seul dans le noir… Puis un coup de pompe. Impossible de courir dans les dernières montées de la course.Un point de coté vient m’achever. Le coriace m’a tenu jusqu’à la fin de la course. A ce rythme, je me suis fait remonter par pas mal de coureurs.
Et quelle surprise quand dans la dernière montée de la course que je fais à moitié à quatre pattes tellement mon point me fait mal, j’entends « coucou ». Je me retourne et je vois Emeline qui me double tranquillement. Décidément, ces triathlètes, ils ont la forme. Je tente de la garder en vue le plus longtemps possible dans le final sur le plateau au milieu des champs. Je double deux gars dans cette dernière partie qui n’ont pas de lampes frontales…
Je retrouve un peu des jambes dans cette dernière partie. Finalement, j’arrive seulement 45 secondes derrière Emeline.
Classement final : 62e sur 364 en 2h09mn15sec (22 km, 500mD+, de nuit)
Matériel :
- Lampe Myobelt XP
- Chaussures XA Pro 3D Salomon
- Sac Salomon Raid Révo 20
- Double carline ML en haut
- ¾ quechua en bas
Alimentation :
- 1 Gel Maxim
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Article écrit le 2 novembre 2006 á 0:16 par Benoit
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