Raid Altitude Vertical 2006

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Complètement explosés par une semaine difficile, nous décidons, Hélène et moi de monter la veille du raid à Bourg St Maurice pour être sur place et nous reposer un peu. Le Camping de Bourg St Maurice est simpa, agréable, entièrement peuplé de cyclistes hollandais et de « djeunes ». Nous passons une soirée tranquille, couché tôt après avoir goûté au Beaufort local (hummmm).
Samedi matin, nous sommes réveillés par le soleil et les oiseaux. C’est bon de se réveiller de cette manière et non par un réveil stressant à 4h du mat car il y a 3h de voitures à se taper avant la course.

Nous montons à Arc 1800 pour récupérer nos dossards à l’accueil. Il fait beau, chaud et le week-end s’annonce exceptionnel. Il suffit de lever légèrement les yeux pour voir le Mont Blanc entièrement dégagé.

Le départ du raid se fait après une liaison en télécabine qui nous épargne 200 mètres de dénivelé, c’est déjà ça de pris…
Comme l’année dernière, bien que légèrement mieux préparés, notre objectif est avant tout de se faire plaisir, de terminer, et en bon état car 5 jours après je suis en raid à La Clusaz et ça ne va pas être évident.
Samedi : une étape physique
Le départ du raid se fait par trois postes dans un flanc montant, avec des zones assez techniques, mais que l’on enchaîne plutôt bien. Je me concentre pour bien me mettre dans la carte car ça fait presque 10 mois que je n’ais pas touché à une carte de CO. Or, comme nous utilisons une carte au 1/20 000e, la moindre erreur devient conséquente. Je privilégie au maximum les itinéraires « sécuritaires » pour épargner nos chevilles qui ne sont pas habituées en ce moment à ce type d’effort.

Je constate rapidement que les bonnes vieilles habitudes des raideurs n’ont pas changé : on cherche quelqu’un qui a l’air de savoir orienter et on le suit. Je l’ai vérifié sur une équipe qui nous suivait de près dans les premiers postes : alors qu’ils avançaient franchement, je me suis arrêté pour les laisser passer et là, ils se sont mis à regarder leur carte, puis après de nombreuses hésitations ils ont pris une direction…la mauvaise.
La première partie véritablement physique est arrivée entre les postes 3 et 4. Il nous a fallu basculer par-dessus la crête en attaquant de face dans les éboulis et la pente. Nous pensions être complètement à la rue sur cette partie physique, mais finalement nous maintenons l’écart avec les équipes plus fortes qui se trouvent devant nous sur cette section.
Ensuite, juste avant les postes 4 et 5 nous effectuons une énorme descente qui nous explose bien les cuisses.
La deuxième partie difficile se situe sur les postes 6, 7 et 8 car à nouveau face à la pente. Dans cette partie nous essayons de nous accrocher le plus possible aux équipes qui sont proches de nous et au même rythme que nous depuis le début de la course pour ne pas se laisser distancer.

Après le poste 10 nous subissons un petit coup de barre. L’itinéraire se fait sur un gros chemin, mais nous avons beaucoup de mal à courir. On se fait même doubler par une équipe que nous avions doublée dans les premiers postes et qui semble facile. Cependant, le poste 11 est plus technique qu’il n’y paraît. En arrivant, nous voyons tout un tas d’équipes qui cherchent la balise, toutes les équipes plus fraiches que nous qui nous ont doublé. En arrivant, je voit directement qu’ils cherchent beaucoup trop haut et qu’il faut descendre plus près de la piste qui passe en contre bas. Mais le problème, c’est que je ne veux pas y aller car je sais que tout le monde va me suivre (car ils ont vu que j’orientais pas trop mal en début de parcours). Je fais semblant de chercher un peu, et j’y vais. Pas de bol, à peine je descend que toutes les équipes se tournent vers moi et me suivent. En sortant du postes, je prend mon temps, toutes les mêmes équipes sauf une vont repartir très vite, mais pas dans la bonne direction. Nous en profitons pour prendre quelques secondes d’avance sur le poste d’après. Nous sommes en compagnie d’une équipe que nous allons doubler dans le gros dévers entre la 12 et la 13 car la dame semble souffrir des chevilles.
En fin d’étape, nous sommes juste derrière une équipe qui vient de nous doubler, il n’y a personne derrière alors je sors mon portable pour vous faire une petite vidéo en course chers internautes. Mais c’était sans compter sur Hélène qui ne supporte pas de voir une équipe devant et qui m’a incendié pour qu’on les rattrape et que l’on termine l’étape devant eux (chose faite).

Finalement, nous terminons 10e de cette première étape, nous sommes content, c’est pour nous une bonne nouvelle car plus de 30 équipes étaient engagées en mixte sur ce circuit.

Nous passons une agréable soirée, sous des névés, près d’un lac d’altitude au dessus de la station de Arcs 2000. Nous sommes exactement à 2350 mètres d’altitude, ce qui promet une nuit fraîche.

Les organisateurs ont eu la bonne idée de monter une buvette, le lac servant de frigo, 1 euro la conso… Ya pas à dire… Après l’effort, une bonne bière bien fraîche ça fait du bien !

Ensuite la traditionnelle soupe dans le chaudron, toujours aussi bonne.

Par contre cette années, une variante, coupe du monde de foot et match France-Brésil oblige, les organisateurs ont monté une télé. Nous avons donc pu suivre le match en direct avec pour fond le Mont Blanc (en plus, la France a gagné 1-0 !!).

Finalement, la nuit n’a pas été aussi fraîche que nous le craignions, du moins pour moi, car j’ai dormi avec une carline alors qu’Hélène a dormi avec une carline et deux polaires…

Raid Altitude Vertical 2006

Dimanche : une étape longue et technique
Dimanche matin, réveil à 5h30 pour plier le camp. Nous avons plutôt bien dormi comparativement à d’autres raids (à peu près 5h de sommeil). Il fait quand même très froid, surtout quand on sort du duvet…
Nous sommes un peu loin pour partir en chasse, c’est donc avec la masse que nous partons, à 7h.

Le départ n’est pas très difficile, mais nous prenons quand même un très bon départ car nous reportons les postes plus vite que les autres et nous partons devant. Mais, l’étape de la veille a laissé des marques à Hélène qui souffre sous les pieds de frottements qui l’empêchent de courir normalement après seulement 2km de course en descente. Elle ne peut pas terminer l’étape comme ça, nous sommes obligés de nous arrêter pour straper ses pieds. Nous nous mettons sur le bord du chemin, elle enlève ses chaussures, je sors le strap, et je comme à lui enrouler les pieds de strap alors que les autres équipes arrivent sur nous et nous doublent. Pensant qu’elle s’est fait une entorse, un gars dit « bon courage… ». Le temps de tout remballer et de repartir, nous sommes déjà loin derrière.

Ca va mieux pour Hélène qui peut à nouveau courir normalement. Nous nous mettons en longe et nous décidons d’accélérer pour refaire en partie notre retard sur ce long poste à poste entièrement sur chemin. C’est à toute vitesse que nous revenons sur de nombreuses équipes. Nous courrons au même rythme que les hommes des circuits D. Nous revenons sur les équipes mixtes qui ne sont plus très loin devant. Nous devrions pouvoir revenir dans les parties techniques.
Dès le poste 2 nous doublons une ou deux équipes, en effectuant une bonne approche de poste et en ayant un bon point d’attaque (contrairement à d’autres qui attaquent le poste au hasard…). Par contre on se fait un peu piéger sur le 3e poste en estimant mal la distance qu’il nous faut effectuer à flanc. Du coup on a cherché trop tôt.

Les postes 4 et 5 ne sont pas très difficiles, malgré le dénivelé qui les accompagne. Nous sommes revenus au contact avec d’autres équipes. Mais nous allons nous faire doubler par deux d’entre elles dans une grosse descente après la balise 5, car étant moins à l’aise, nous prenons un peu plus de temps.
Un finish au mental
Tout le temps jusqu’à la fin de l’étape nous avons maintenu notre rythme et notre rigueur pour tenter de revenir, mais sans succès. Il y a même une équipe qui nous rattrape en allant sur le poste 8, mais une nouvelle accélération nous permet de les distancer définitivement. C’est en allant au poste 10 que nous apercevons une équipe pas très loin devant nous : un simple regard avec Hélène suffit pour comprendre que nous allons nous mettre la mort sur cette fin de course pour les doubler. Nous poinçonnons le poste 10 ensemble.

Le finish au mental, il ne fallait pas craquer. De l’orientation dans la station, ce que perso je n’aime pas tellement, et pour corser le tout, le pli de ma carte qui tombe pile sur la zone. Finalement, notre accélération a été assez forte pour distancer un maximum l’équipe. Je pense que la féminine a pris un coup au moral quand ils nous ont vu revenir juste à la fin, les doubler et les distancer.
Nous terminons cette étape en 3h25, belle course. Nous avons remonté une place puisque nous pointons en 9e position à l’issue de cette étape.

Il est 10h30, nous prenons le temps d’aller nous doucher avant d’aller savourer la délicieuse tartiflette géante offerte par l’organisateur.
Nous avons pris beaucoup de plaisir à courir cette année aux Arcs. Le terrain était parfait, la carto était très bonne et le temps exceptionnel. Je pense que c’est un de mes raids préférés. Comme toujours l’organisation est irréprochable, l’ambiance est très bonne.
Ne pas oublier cependant que ce raid reste un raid très engagé en montagne. Il est très dur physiquement et techniquement. Il n’est pas destiné à un public débutant.


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Article écrit le 10 juillet 2006 á 17:12 par Benoit

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