Trail des Cerfs 2006

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La Queue les Yvelines, le 14 mai 2006.

J’ai rendez-vous à 5h15, Place d’Italie avec Alexandre qui doit être mon pilote pour cette course (merci).

4h15 : réveil, durdur de se lever moins de 4 heures après s’être couché…

5h05 : Place d’Italie, je suis un peu en avance, le lieu est vide hormis quelques noctambules qui rentrent chez eux.

5h15 : toujours personne.

5h25 : personne, j’appelle et tombe sur le répondeur. Je stresse un peu en me disant qu’il m’a peut-être oublié…

5h30 : je regarde mon téléphone « message recu à 5h15 : Benoit, on va être un peu en retard, on vient de se lever ». ouah ça va être chaud pour être à l’heure car son départ est à 7h.

5h35 : Enfin la voiture arrive, je suis soulagé.
8h15 : je commence à m’échauffer. Je ne m’y prends pas trop en avance car je ne veux pas partir trop vite, je vais prendre mon temps.

8h40 : enfin l’heure du départ arrive. L’organisateur nous convie à un petit briefing sous l’arche de départ, alors rien de plus qu’aux autres briefings à part la distance qui a augmenté de 3 bon kilomètres. Je me dis c’est bon, quand tu fais 35 bornes, t’es pas à 3 km près.

Mais en partant, je prends conscience que c’est la première fois que je fais une course aussi longue (hors raids et entraînements). Du coup je me prends un coup de stress. 38 bornes, il va falloir gérer.

L’objectif est clair : je veux terminer la course dans un état potable (pas sur une civière), et je veux rentrer chez moi complètement explosé histoire de décompresser pour les examens.

Le départ est donné, je décide de courir à mon rythme : pas trop vite pour ne pas me cramer, mais pas trop lent pour ne pas piétiner. Alors que j’étais dans le fond du peloton, je remonte très vite dans les premières place (10e). Mais je ne me fais pas trop d’illusions, je sais que pour le moment je suis bien donc j’en profite, mais il y a peu de chance pour que je tienne le rythme tout le long comme ça.

La première partie de la course est très sympa, des petits sentiers vallonnés (on ne peut pas dire que ça monte très dur, mais c’est cool). Des petits singletraks bien sympas. L’organisateur a décidé de nous faire monter et redescendre plusieurs fois le long d’un vallon histoire de faire du dénivelé. Le seul inconvénient, c’est qu’à certains endroits le marquage au sol était limite, il y a donc pas mal de coureurs qui se sont perdus, et qui sont ainsi restés au fond du vallon : ils ont gagné du temps, du dénivelé et des places (mais perso je ne vois pas l’intérêt).

C’est la seule partie de la course où nous avons droit à des petits passages techniques. Certains coureurs n’ont pas apprécié : j’ai vu devant moi une belle chute…

Cette première partie se passe donc bien, je suis bien, les jambes sont bonnes, je garde mon rythme. Pendant une longue période je me suis trouvé seul entre le groupe de tête et le groupe de poursuivants, résultat j’ai pu profiter du paysage et du chant des petits oiseaux pendant 45 minutes.

Au bout d’1h25 et 17 km, j’arrive au premier ravitaillement, tout se passe comme prévu, je prends mes gels pendant la course et je bois bien, je prends du coca au ravitaillement, tout est ok. Pas la peine de perdre trop de temps, c’est repartit.
Je ne sais pas si c’est le fait de m’être arrêté, mais au bout de quelques centaines de mètres, je sens mes jambes lourdes…

Je prends sur moi, je me concentre pour relancer la machine, plus tranquillement. L’avantage, c’est que le parcours commun avec le 55 km à cet endroit fait que malgré mon rythme faible, je double pas mal d’autres coureurs.

Mais le terrain n’est pas à mon avantage. Alors que la première partie se déroulait sur des petits chemins sinueux et plutôt vallonnés, nous sommes maintenant sur des longues sections de pistes toutes droites et peu vallonnés. C’est dur pour le moral et pour les jambes. On aperçoit au loin des coureurs qui ont déjà fait plus de deux km que nous. Pour en rajouter une couche, le sable fait son apparition. Il envahit les chemins et vient nous pulvériser les jambes, le rythme et le moral.

Alors que nous sommes dans une montée pas très raide, je lutte dans le sable pour avancer, je vois un gars du 55 qui sort des battons de son sac et qui m’enrhume grâce à leur aide… Trop dur.

Cette seconde partie est longue, je reste concentré tant que je peux, je me ravitaille un maximum, mais les jambes sont de plus en plus lourdes, et le paysage assez monotone n’aide pas vraiment.

Ces paysages réguliers, peu accidentés ont tendance à endormir.

Puis nous passons dans un petit layon tracé à travers quelques arbres qui nous mène à l’intersection entre le 55 et le 35 (38). De nouveau nous retrouvons des petits sentiers plus sympas, cela me redonne le moral, je reprends la pèche, c’est bon ! Par contre je n’ais aucune idée de la distance parcourue. Je sais que le premier ravito était à 17 km du départ et que le second est à 28 km. Au passage d’une route je demande à un aiguilleur, mais il ne sait pas. Ce n’est que quelques centaines de mètres plus loin que j’arrive au deuxième ravito.

Ce coup ci je prends mon temps. Je sais que je ne suis pas à 5 minutes près. Il me reste 10 bornes à tenir. Je viens de faire les 11 km qui séparaient les deux ravitos en 1h. c’est marrant je pensais que j’avais perdu beaucoup plus de vitesse que ça. C’est le moment de partager deux trois mots avec les organisateurs qui sont là perdus dans la foret.

Puis c’est repartit. Les jambes commencent maintenant à être très lourdes. Le but pour moi est de m’appliquer à bien courir. Ne pas se tasser lamentablement, rester droit, lever les genoux, lever les pieds, pousser loin derrière, aller chercher loin devant… autant de réflexes basique qui le sont beaucoup moins avec la fatigue.

Dans un premier temps le parcours est sympa, un peu aventure, il faut passer des troncs d’arbre (c’est horrible avec le mal de jambes), on slalom entre les arbres, j’oublis presque que je viens de courir 30 bornes.

Mais malheureusement pour moi, les longues pistes monotones reviennent et viennent de nouveau me saper le moral et les jambes.

J’ai l’impression que c’est interminable. Je vise le bout du champ, puis l’autre bout du champ, puis le bout de la forêt, puis de nouveau le bout du champ… J’ai même profité d’une longue montée dans du sable où je marchais pour récupérer pour discuter avec une dame du circuit de 18 km qui était autant naze que moi ! Le pire c’est la courte section de route. Une section de route pas très longue (je dirais 700 ou 800 mètres) mais toute droite, en plein soleil, avec une première moitié qui descend et une seconde qui monte. Jamais 800 mètres de route ne m’ont paru aussi durs. Dans la descente, j’avais l’impression de peser 300kg. Je me suis arrêté, je me suis retourné pour voir s’il n’y avait pas quelques coureurs accrochés sur mon camel… Non, personne, c’est bizarre…Peut-être les hommes invisibles. Je repars jusqu’en bas de la descente, puis, dans la montée, je marche, c’est pas possible. De toute façon, je vois les autres coureurs qui en font de même (certains plus rapides que moi).

Au bout de la route nous retournons dans les bois et les chemins. Ca fait du bien, le sol est tendre. A ce moment un gars me double en courant et me dis en regardant son GPS « allé, plus que 3 km ! ». C’est le déclic, c’est repartit, je dois relancer. D’abord c’est dur, puis les jambes et les sensations reviennent. De plus nous revenons dans des passages plus ludiques. C’est bon. La fin est bien. Je retrouve des sensations. Je pense que j’aurai pu continuer encore comme ça une dizaine de Km.

Le dernier coup dur pour moi aura été le tour de stade. Alors que tout le long où je revenais vers l’arrivée, je me disais au fond de ma tête « pour vu qu’ils ne nous fassent pas faire un tour de stade… », mais en arrivant, ça n’a pas raté : tour de stade ! Trop dur.

Finalement je boucle les 38 bornes en 3h55’.

L’objectif est rempli, je suis complètement naze et je ne suis pas sur un brancard.

Encore merci à Alexandre sans qui cette course n’aurait pas été possible !

En ce qui concerne l’organisation, les bénévoles étaient très sympas, le parcours bien signalé (sauf un peu au début). Il y avait toujours du monde aux traversées de routes.

Par contre, les ravitos peut êtres un peu faibles. Perso ça va, mais je pense que ceux du 55km auraient aimé avoir plus de choses salées à manger. Mais bon pour une première c’était très bien.

Le parcours est sympa sans être extraordinaire. Mais je ne suis pas sûr que l’on puisse faire bien mieux dans la région.

Courbes Alti / Cardio

Les deux points rouges représentent les ravitos

Un peu avant l’arrivée, je cherche l’arrivée…

Au départ, concentré…

Résultats sur le site de l’AESN


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Article écrit le 14 mai 2006 á 0:18 par Benoit

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